Dans l’ouvrage d’Island Song – Alex Wheatle, décrit très bien les bidonvilles de Kingston, leur population bigarrée, la vie organisée autour des cours (les yards) où promiscuité, l’insécurité, la drogue, la prostitution qui côtoie également l’entraide et les petits bonheurs.
Dans la réalité, Kingston est une ville surpeuplée d’environ 700 000 habitants (pour seulement 500 km²), dont plus des deux tiers vivent dans des « ghettos » tel que :
- Ferry,
- Trench Town,
- Myrrhvilla,
- Waltham Park,
- Crescent Road,
- Bull Bay,
- Whitfield Town, etc.
Exode rural dès les années 30
Le phénomène de dépeuplement des campagnes s’accroît dès 1930. Le crash financier de 1929 et le cyclone qui frappe la Jamaïque en 1930 créent une importante récession économique dans le secteur agricole. Ainsi, lorsque les activités cessent dans les fermes et les mines de bauxite de Trelawny, Sainte Elizabeth ou Clarendon, les Jamaïcains de l’arrière-pays sont nombreux à aller tenter leur chance à Kingston. Malheureusement, peu d’entre eux ont l’opportunité de trouver une activité rentable dans cette capitale surpeuplée, car le marché du travail étaient saturés.
À la pénurie d’emplois s’ajoute un manque accru d’habitations et d’infrastructures. Les bidonvilles se développent à une vitesse incroyable dans la partie ouest de la capitale notamment.
Par conséquent, à défaut de trouver une vie prospère à la ville, la grande majorité de ces nouveaux habitants n’y trouve que misère, pauvreté et insalubrité.
Politique Gangs et drogues
La vie politique en Jamaïque s’organise autour de deux grands partis :
- le Jamaica Labour Party (JLP) et
- le People’s National Party (PNP).
Pour contrôler leurs sphères d’influence réciproques, les leaders politiques de chaque camp se sont rapidement entourés de milices recrutées dans les ghettos.
Sous la protection d’une partie des autorités de l’État, certains ghettos de Kingston et d’autres villes, sont de fait contrôlé par des chefs de gang, appelés « dons ».
L’usage des armes à des fins politiques ou économiques s’est très rapidement banalisé. Puis, ces gangs asservis aux pouvoirs et d’une brutalité implacable, ont élargi et diversifié leurs champs d’activités, notamment dans le commerce des drogues : trafic de cocaïne de l’Amérique du Sud à l’Amérique du Nord et l’Europe et l’exportation de marijuana jamaïquaine.
Un roman décrit très bien les liens entre les gangs, la drogue et la politique : Born Fi Dead – Laurie Gunst
