S’ils sont nombreux à pousser autour de la ville dès les années 40 et se nomment  par exemple Ackee Walk, Back-A-Wall ou Jones Town, il en est un qui symbolise par lui seul l’essence même du ghetto, la culture urbaine jamaicaine et ses musiques populaires. Il s’agit du mythique Trenchtown.

Toots & The Maytals

 

Peter Tosh

 

Bunny Wailer

 

Néanmoins, Trenchtown reste un ghetto où la pauvreté, le trafic de drogue et la criminalité sont très élevés.

Trenchtown est mentionné dans les chansons No Woman, No Cry (album Natty Dread),Trench Town (album Confrontation) et Trenchtown Rock de Bob Marley,

 

Un quartier dans Trenchtown s’appelle Cooreville Gardens et a pour particularité que ses rues ont le nom d’artistes reggae jamaïcains connus lors de son développement.

Jamaica Music Institute (JAMIN) : Le nec plus ultra du son pour la Mecque des musiques jamaicaines

En hommage à la contribution de Trench Town en matière musicale, a été créé en 2011, au sein même du ghetto le Jamaica Music Institute (JAMIN), projet rendu possible grâce au programme des Nations Unies pour le Développement, le Jamaica Violence Prevention et le Peace and Sustainable Development Programme (programme pour la paix et le développement durable .

JAMIN bénéficie d’un studio d’enregistrement équipé de matériels à la pointe de la technologie, ainsi que d’un « laboratoire de formation » pour les futurs ingénieurs du son, de quoi former et certifier aux normes internationales les musiciens, producteurs et ingénieurs du son du pays.

Outre les perspectives d’emploi, la création de JAMIN a l’ambition de modifier l’image négative de Trench Town, considéré encore comme un lieu dangereux.

Lire aussi : Voir Trench Town et mourir – d’Hélène LEE

L’histoire mythique et dramatique de Trench Town, un des ghettos noirs les plus célèbres du monde, cœur de l’aventure reggae rasta et source d’inspiration de Bob Marley.

Fondée à la fin des années 30, la grande cité-dortoir à l’ouest de Kingston devient dès la fin des années 50 l’enjeu d’une guerre politique féroce. C’est l’époque où Marley s’y installe et commence à chanter : il emprunte ses lyrics aux gens qui l’entourent, payant parfois pour un jeu de mots, une phrase, un proverbe…
La force de sa musique vient de l’expérience très particulière de Trench Town. Des assassinats par centaines, une population terrorisée, la vie devenue impossible : la situation se dégrade inéluctablement. Séquelles du colonialisme, guerre froide, système complexe impliquant des narcotrafiquants colombiens, la CIA et certains hommes politiques influents de l’île ? Les  » maîtres du monde  » prennent des populations innocentes en otage. Mais la philosophie et la musique rastas sont là pour dévoiler les ficelles de ce jeu meurtrier et envoyer au monde un signal d’alarme. Une enquête minutieuse qui secoue le mythe reggae, tout en lui rendant justice.

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